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Suite et fin de l’entrevue de Fernando Santos au journal A Bola où le sélectionneur a tenté de répondre aux interrogations du journal Portugais sans toutefois trop en révéler sur les 23 sélectionnés.

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Q : Uniquement 3 rencontres sans marquer (Autriche, Suisse et Chili) et 18 matchs sans encaisser de buts. Qu’est-ce qui vous intéresse le plus : marquer quasiment toujours ou ne pas prendre de buts ?
FS : Ce sont deux données significatives. Mais ça ne peut pas être 50/50, ça doit être 100/100. Ces deux données sont importantes : bien défendre et bien attaquer. On doit être 100% efficaces à attaquer. Une équipe comme la nôtre doit être efficace devant les deux buts. Etre bon qu’en défense, cela ne sert que pour assurer le nul. Pour cela nous devons être efficaces à attaquer car ce n’est qu’avec des buts que nous pouvons gagner. Mais souvent il y a des défaites même si l’on marque. Et il y a des nuls avec beaucoup de buts marqués, comme lors de l’Euro face à la Hongrie. L’équipe a l’équilibre de savoir que pour gagner il faut marquer mais uniquement cela ne suffit pas pour gagner.

Q : Vous maintenez l’idée de bien jouer d’abord et de faire du beau jeu qu’après ?
FS : Oui, toujours. Mon concept est clair. Celui qui ne joue pas bien perd. Il n’y a qu’avec un peu de chance qu’il ne perdra pas. Et bien jouer peut impliquer, ou pas, faire du beau jeu. Ce sont deux choses différentes. J’ai vu des équipes jouer très bien et jouer un football peu esthétique. Et j’ai aussi déjà vu le contraire. L’important c’est de bien jouer, ce que nous avons fait à l’Euro.

Q : C’est ce que vous voulez au Mondial ?
FS : Le mondial n’est pas une photocopie de l’Euro. Les photocopies sont, comme vous le savez, pas identiques aux originaux. Si on veut faire en Russie une photocopie de ce que nous avons fait en France ce sera un désastre. Nous ne connaîtrons pas le succès.

Q : Comment ça ?
FS : Déjà parce qu’il y aura des sélections différentes. Au championnat d’Europe, il n’y avait pas le Brésil, l’Argentine, la Colombie ou l’Uruguay. J’entends beaucoup de personnes dire que le Portugais doit gagner le Mondial. Soyons honnêtes : le Portugal a l’obligation, à chaque match, de donner le maximum pour donner de la joie aux Portugais qui méritent énormément vu le soutien incroyable qu’ils apportent. Nous sommes candidats, oui, mais favoris ? Si le Portugal est favori, alors que dire de l’Allemagne ? De l’Espagne ? Du Brésil ? De l’Argentine ? De la France ? Il suffit de voir les joueurs de chaque sélection. Quand j’entends que j’ai des difficultés pour en choisir 23 alors imaginez l’Allemagne, la France, le Brésil, l’Argentine ou l’Espagne ? Regardons le Brésil : cinq fois champions du monde. L’Allemagne : quatre fois championne. Argentine : deux fois championne. France et Espagne : une fois champions. Presque tous les joueurs de ces sélections jouent dans les meilleurs clubs du monde.

Q : Ceci peut penser que vous ne faites pas confiance en vos joueurs ?
FS : Comment ça ? Je crois beaucoup en eux ! J’ai dit ce que j’ai dit et je dis que difficilement on battra le Portugal. Si on maintient notre état d’esprit, difficilement on nous battra.

Q : Cas atypique d’un joueur qui a été déterminant à l’Euro 2016 : Raphaël Guerreiro. Seulement 14 matchs en 2017/18 et seulement 55 minutes en 2018, accusé de manque de professionnalisme et de seulement penser au Mondial. Que peut-on penser de cela ?
FS : Ce que je sais c’est que Raphaël a été avec nous en mars, qu’il a joué 90 minutes contre l’Egypte sans aucun problème et qu’il était apte pour le match. Je ne vais pas réagir à des informations que je ne connais pas. Mon staff échange régulièrement avec les départements médicaux des clubs de chacun de mes joueurs.

Q : Nani joue par intermittence, quasiment tout le temps en fin de match. Il fait partie des 35 ?
FS : Nani a toujours le potentiel pour faire partie des 35. Non pas que nous lui devons quelque chose pour ce qu’il a fait à la sélection mais par ses caractéristiques et par sa qualité. C’est vrai qu’il a eu une saison très atypique mais il continue à faire partie du lot de joueurs que nous observons.

Q : Quelle lecture faites-vous au problème d’André Gomes ?
FS : J’ai répondu déjà à deux ou trois fois question sur des individualités, et comme vous pouvez le supposer, je ne souhaite plus le faire. C’est comme si j’oubliais les autres. Pour ne pas individualiser il faudrait que je parle des autres.

Q : Mais on peut si vous nous dites qui ils sont ?
FS : Je comprends… mais non !

Q : Parmi les nombreux (bons) maux de tête que vous devez avoir, le cas de Rafa en est un, non ?
FS : Tous ceux qui s’améliorent et dont les exhibitions sont positives peuvent être option. La sélection n’est pas un cercle fermé. Tous les joueurs qui se montrent jusqu’à la date finale peuvent être appelés.

Q : Le système et le modèle de jeu vont-ils se maintenir ?
FS : Cela dépend du match mais en principe il n’y aura pas de changements. J’ai un système de jeu en lequel je crois davantage mais si je n’ai pas les joueurs qui me permettent de le mettre en pratique à quoi cela me servira-t-il ? Je n’aime pas parler de systèmes. Mais pour vous donner un exemple plus facile à comprendre : si je voulais jouer en 4x4x2 sans les joueurs pour aligner cette tactique, je ne le ferai pas. Ce sont les joueurs que tu as qui déterminent ta tactique. J’essaie de choisir les joueurs qui remplissent le mieux mon système préféré, mais si ça ne marche pas, je change tout en maintenant le modèle et philosophie de jeu.

Q : Quelle liberté aura Ronaldo ?
FS : La même que celle de l’Euro. Parfois avec deux attaquants, plus mobiles, parfois non. Comme attaquant de pointe seul, non. J’ai été le premier à dire qu’il ne peut plus jouer sur les ailes même si cela ne le semble pas. Cristiano n’est pas un attaquant de pointe, dos au but, arrêté en attente du ballon. Non. Il doit intervenir, c’est sa personnalité, il n’aime pas être trop longtemps arrêté. Il pourrait le faire mais ça n’est pas là où il se sent le mieux. Mais ça n’est pas un ailier pur et dur. Un ailier a des tâches défensives et ça n’est pas facile de demande à Cristiano d’avoir un rôle défensif très intense. Il aura la liberté que l’équipe pourra lui donner. Toujours dans le même esprit qu’à l’Euro où il a été brillant. Être important pour l’équipe dans toutes les actions collectives. Il est toujours disponible pour cela.

Q : Le 16 mai il y a la finale de la Ligue Europa avec l’éventuelle participation de Rolando. Le 20 mai, il y a la Coupe du Portugal avec les présences de Patrício, Coentrão, William, Gelson et Bruno Fernandes puis la finale de la Champions League, le 26 mai, avec Cristiano Ronaldo. Comment allez-vous gérer tout ça ?
FS : Comme d’habitude. Les joueurs viendront le 21 ou 22 en fonction de la Coupe du Portugal ce qui signifie qu’il y aura des joueurs du Sporting dans le groupe des 23. A l’Euro, nous avons commencé avec 11/12 joueurs. Cette fois-ci, je pense qu’ils ne seront pas autant car il y a des championnats qui se terminent après le 20. Il y en qui nous rejoindront le 20 ou 21 puis d’autres le 26 qui intégreront notre stage de préparation.

Q : Il n’y aura pas de stage de préparation dès le début ?
FS : Non, comme à l’Euro 2016 La première semaine c’est comme en clubs, les joueurs viennent aux entraînements puis repartent chez eux. Mais il est important que ceux qui terminent leurs championnats le 14 soient là dès le début car plus d’une semaine de congés, c’est trop.

Q : Ronaldo sera le dernier à arriver ?
FS : Normalement oui. Il nous rejoindra peu avant de partir en Russie. Personne n’aura moins de cinq ou six jours de vacances et tous en auront.

Q : Dernière question. Votre femme est prête à partir en congés le 26 juin ou le 16 juillet ?
FS : Je répète : cette histoire de photocopies ne fonctionne jamais. Quel discours j’aurai en phase finale ? Je ne sais pas…

Q : Cette histoire du « je ne reviens que le 12 » (NDLR : lors de l’Euro) a été décidée sur le moment ?
FS : Oui, clairement. Je ne l’ai pas préparé. Je dirai ce que je pense quand on me posera des questions durant la compétition. Je ne programme rien. Je programme uniquement mes entraînements et mes matchs, pas les discours. Je ne dis pas des choses que je ne crois pas.

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