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De retour au football Portugais depuis qu’il a rejoint, cet été, l’Académica de Coimbra (Liga LEDMAN Pro), Hugo Almeida fait partie de ces joueurs qui ont un CV long comme le bras et qui ont marqué les esprits pour le meilleur et pour le pire…

(Propos recueillis par TribunaExpresso.pt)

FC Porto B, FC Porto, União de Leiria, Boavista FC, Werder Brême, Besiktas, Cesena, Krasnodar, Anzhi Makhatchkala, Hanovre, AEK Athènes, Hajduk Split et finalement Académica de Coimbra ! Cette saison, à 34 ans, Hugo Miguel Pereira de Almeida va connaître le 12e club de sa carrière.  Retour sur la longue carrière de ce joueur particulier.

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La formation à Porto

Hugo Almeida a démarré au FC Porto à l’âge de 14 ans, « une grande différence » pour le joueur, surtout le fait de rejoindre un foyer avec « 20 ou 30 joueurs« . « Le plus difficile c’était les nuits. Je n’arrivais pas à dormir. On était occupés la journée à l’école ou à l’entraînement mais le soir j’étais seul et je pensais à ma famille et mes amis. C’était difficile. » avoue-t-il. L’actuel joueur de l’Académica de Coimbra reconnaît avoir eu envie de tout quitter dès le début de sa carrière : « Mon premier jour s’est très mal passé. Avec toutes ces nouveautés, j’avais la tête qui tourne. Le ballon tapait sur mon tibia, je trébuchais… J’étais motivé mais dans ma tête être du côté des remplaçants c’était mauvais signe. Deux jours après mon arrivée à Porto, j’ai dit à mes parents de venir me chercher car j’allais pas jouer le samedi. Mais au final j’ai été convoqué pour le match et je n’ai plus eu envie de partir malgré que mes parents soient venus me chercher de Figueira da Foz. Le lendemain (vendredi) j’ai eu de la fièvre et je n’arrivai pas à manger. Mais après tout ce que j’avais vécu je ne pouvais tout laisser tomber. J’ai tenu et j’ai marqué deux buts le jour suivant lors du match » raconte t-il.

Succession de prêts au Portugal

Le joueur est ensuite prêté à l’União de Leiria à l’âge de 17 ans, revient à Porto une saison et demie mais repart à nouveau à Leiria à cause de Mourinho qui a préféré Maciel, brésilien qui évoluait à Leiria, pour remplacer Derlei. Hugo Almeida est également prêté à Boavista, « une bonne expérience » où le joueur a été entraîné par Jaime Pacheco, une personne avec qu’il « a adoré travailler malgré que beaucoup le détestent » avoue-t-il. « Il s’entraînait avec nous, c’est ce genre d’entraîneur qui sait ce que c’est d’être de l’autre côté« .

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L’étranger : première étape, l’Allemagne !

Après les expériences au Portugal, s’ensuit ensuite en 2006 le début de sa longue aventure à l’étranger. Le joueur est parti à contre coeur. « Je ne voulais pas partir du FC Porto. J’avais fait une bonne saison, j’avais marqué les buts qui ont donné le championnat à Porto et je me sentais bien. A Porto, ils ont tout traité sans que je le sache et, un jour avant de me présenter pour une nouvelle saison à Porto, on m’annonce que je dois participer à une réunion pour aller en Allemagne » dit-il. Le joueur a passé un mauvais moment à Brême d’un point de vue personnel. « Les allemands sont très fermés. Ça n’a rien a voir avec notre peuple qui est joyeux et aime recevoir. Là-bas, non, c’est des personnes froides, on dirait qu’elles n’ont pas de sentiments » indique-t-il. Même sans sa femme et fille, restées au Portugal, le joueur a tenu 4 ans en Allemagne : « J’avais mon beau frère qui m’aidait sur le plan émotionnel. Et après quand les buts apparaissent, les gens te regardent différemment. Et puis on s’adapte« .  Toutefois, le joueur n’a pas réussi à apprendre à parler allemand : « Je le comprends mais c’est difficile de le parler. Quand je suis parti là-bas, je ne savais même pas parler anglais et j’ai préféré apprendre l’anglais que l’allemand. J’avais même un prof dédié pour m’apprendre l’allemand mais je l’ai convaincu de m’apprendre l’anglais. » Le joueur se rappelle tout de même de quelques bons moments : « A Brême on faisait un gros repas avant le début de saison. Les nouveaux joueurs devaient boire un shot pour chaque joueur ancien. A mon époque, j’avais dû boire 20 shots ! C’est leur bizutage. J’ai dit que j’allais me venger l’année suivante mais je n’ai pas réussi car j’étais de nouveau bourré avec le reste de l’équipe ! »

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2011-2014 – Besiktas

En Turquie sous les couleurs du Besiktas, Hugo Almeida n’a pas vraiment eu de choc après avoir quitté l’Allemagne mis à part « la religion et le fait d’avoir des collègues musulmans, de savoir ce qu’ils doivent faire, les prières, les règles…« . Le joueur se rappelle également d’un match en Turquie, pays où il est plus important que son « club l’emporte » que d’être en « bonne santé » ou avoir à manger sur la table. « Je n’ai jamais vu autant de fanatisme » se rappelle-t-il. « Une fois, nous avons joué en dehors d’Istanbul, sans supporters de notre équipe qui étaient interdits de stade. L’ambiance était chaude, l’arbitrage douteux et le public adverse était anxieux et mettait la pression sur l’arbitre. C’était un enfer pour nous. Vers la fin du match, sur une action où je me démarque en attendant un centre de Manuel Fernandes, un super pote, je tourne la tête et je vois un supporter courir derrière lui  et lui faire un croche pied. Nous sommes tous partis défendre Manuel Fernandes et il ne s’est rien passé de grave hormis pour le supporter qui s’est pris une raclée. Manuel nous a même indiqué que, sur le feu de l’action, il croyait qu’il avait été mis à terre par un joueur adverse et qu’il allait réclamer un penalty à l’arbitre avant de comprendre ce qu’il s’était passé ».

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Trois mois en Italie puis six en Russie.

A l’été 2014, après l’expérience turque, Hugo Almeida signe à Cesena en Italie. Il n’y reste que trois mois après avoir disputé 10 rencontres. Il part ensuite en Russie, d’abord au Kuban Krasnodar (13 matchs, 3 buts), un club qu’il a « adoré« . Puis l’été suivant, il signe au Anzhi Makhatchkala, club de la région très controversée du Daghestan. A l’époque, on lui avait promis que le club jouerait à Moscou en raison du contexte politique dans la région mais après la pré-saison, on lui indique qu’il jouera au Daghestan. « Ça m’a tué » avoue-t-il. « C’était une zone de guerrilla, je suis arrivé à un endroit complètement détruit et moche où on entendait des coups de feu tous les jours dans la rue comme si on était au far west… Je me rappelle qu’un jour je suis sorti dehors et j’ai vu une personne se faire renverser par une voiture comme si de rien n’était. J’ai vu des choses moches. J’habitait dans un stade. L’hôtel du club était dans le stade. Cela n’a pas été agréable. J’avais un contrat de deux ans mais je ne suis resté que six mois, j’ai pas tenu » raconte-t-il.

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Retour en Allemagne puis départ pour la Grèce

En 2016, Hugo Almeida repart en Allemagne à Hanovre où il retrouve Thomas Shaaf, entraîneur qu’il a côtoyé au Werder. Néanmoins, l’aventure tourne au vinaigre puisque l’entraîneur est limogé au bout d’un mois et Hugo Almeida se retrouve au « placard« . « Ils ne m’ont pas respecté et ont tout fait pour que je craque et que je casse mon contrat » dit-il. « A la maison, ils m’appelaient pour que j’aille faire des tests antidopage. J’allais m’entraîner et il me disaient de ne pas venir… Que des trucs comme ça pour que je perde la boule. Dans ce club, c’est les joueurs qui commandaient. Sous Schaaf, il ne jouaient pas mais dès qu’il est parti, ils se sont mis à jouer. Je n’avais jamais vu ça ! » raconte le natif de Figueira da Foz. Grâce à une clause qui permettait au joueur de partir librement si Hanovre descendait en 2e division, Hugo Almeida est libéré à l’été 2016. « J’ai tenu jusqu’au bout avec l’envie de tout casser mais j’ai tenu. Jamais je pensais qu’on pouvait traiter un joueur comme ça. Je ne sais pas si j’allais être dans les plans de Fernando Santos ou pas mais cette aventure à Hanovre m’a empêché d’être champion d’Europe » raconte-t-il. Une expérience qui l’a touché après ses 17 ans de sélection Portugaise. Las du football, une opportunité surgit à l’AEK Athènes en Grèce qu’il rejoint pour une saison où il jouera beaucoup (30 matchs, 5 buts).

La Croatie pour finir à Coimbra

Hugo Almeida passera la saison 2016/17 à Split en Croatie. Une aventure qui ne restera pas dans les annales puisqu’il ne jouera que 16 matchs et ne marquera que 3 buts. Après tant d’aventures en Europe, le Portugais décide de revenir à la maison, au Portugal, et accepte la proposition de l’Académica de Coimbra qui évolue en 2e division Portugaise. Pour le moment, Hugo Almeida n’a joué qu’un match (26 minutes) avec les estudantes mais a déjà évolué au poste d’attaquant et de … gardien de but. Il a en effet décidé d’aller dans les buts après que son gardien ait été expulsé à la 87e minute de jeu et qu’il n’était plus possible de faire rentrer de nouveaux joueurs sur le terrain… Sacré Hugo Almeida !

Tags : hugo almeidaportugal

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